L’École de langue de Trois-Pistoles – Une réussite unique en Amérique

14 juil 2009 | Imprimer cet article Imprimer cet article

(M.F.) À chaque année depuis 1932, la belle saison annonce le retour des étudiants et étudiantes de l’École de langue de Trois-Pistoles dans notre région. Une toute nouvelle cohorte de 260 francophiles vient d’ailleurs tout juste d’arriver, le 4 juillet dernier, pour apprendre les rudiments de la langue de Molière, parlée par plus de 200 millions de personnes dans le monde.

Maurice Vaney, directeur général de l’École depuis 1989, raconte que c’est Sherwood Fox, recteur de l’Université Western Ontario, qui a été le grand architecte de ce qui allait devenir l’École de langue de Trois-Pistoles : « Apparemment, M. Fox aurait eu une grand-mère d’origine française avec qui il ne pouvait pas communiquer. Il aurait alors décidé d’apprendre le français en passant un été chez un fermier dans les Cantons-de-l’Est. Et quand il est devenu recteur, il s’est dit que la meilleure façon d’apprendre une langue seconde, c’était de séjourner dans une communauté où elle est parlée. »

Selon M. Vaney, il s’agissait-là d’une idée assez révolutionnaire, puisque le concept d’immersion n’existait pas à l’époque. « Le recteur Fox aurait alors envoyé trois professeurs dans le but d’identifier les endroits les plus propices pour établir une école de français en immersion au Québec, poursuit Maurice Vaney. Finalement, ils auraient choisi Trois-Pistoles, parce que c’est l’endroit où ils auraient reçu le meilleur appui du milieu », précise-t-il.

Ce support de la communauté serait toujours la clef du succès de l’École, après plus de 75 ans d’existence. Il s’agirait d’ailleurs de la plus ancienne école de langue en immersion au Canada et, selon les informations disponibles, peut-être même en Amérique du Nord. Dans ce contexte, l’École de langue constitue un patrimoine inestimable pour l’ensemble de la région.

Depuis ce temps, l’École n’a cessé de progresser, malgré une période plus difficile au milieu des années 90. « Le grand boom c’est fait sentir en 1971, quand le gouvernement fédéral et ceux des provinces ont décidé de mettre sur pied un programme de bourses d’été pour apprendre une langue seconde », explique Maurice Vaney. Ce programme est aujourd’hui connu sous le nom de « Explore ». Entre 80 et 85% des étudiants qui fréquentent l’École de langue bénéficient présentement de ce programme qui couvre les frais d’inscription, d’hébergement et de subsistance dans le milieu d’accueil. « L’École de langue de Trois-Pistoles contribue donc à amener de l’argent neuf dans le milieu. Dans les années 90, quand les choses étaient plus difficiles, les retombées économiques étaient estimées à 2 millions de dollars par année. Aujourd’hui, on peut facilement les chiffrer à 2.5 millions », souligne le directeur général. En fait, ce sont 520 étudiants qui séjournent pendant cinq semaines ici et une quarantaine d’emplois qui sont créés pour une période variant entre 12 et 18 semaines.

« Nous pourrions continuer notre développement, mais nous sommes freinés par notre concept d’immersion en milieu familial », explique M. Vaney qui en profite pour inviter la population à devenir foyer d’intégration pour les étudiants. « Nous accueillons des étudiants de toutes les cultures qui ont la particularité commune de parler anglais. Accueillir ces jeunes gens dans sa maison, c’est une merveilleuse façon de voyager, tout en demeurant chez soi », conclut le directeur général avec philosophie.