Des conséquences de l’abandon : Les Robinson Crusoé de l’histoire – Essai sur la solitude du Québec

6 oct 2009 | Par : Laurence Marois, chronique littéraire | Imprimer cet article Imprimer cet article

Spécialiste du XVIIIème siècle et docteur des universités de Paris et de Montréal, Jean-Paul de Lagrave présente dans cet essai le parcours de la Nouvelle-France jusqu’au Québec actuel. Des premières colonies françaises jusqu’au 400ème de la ville de Québec en passant par Voltaire, Benjamin Franklin et le général Charles de Gaulle, l’auteur expose une vision particulière et peu commune de la quête de liberté des Canadiens français puis des Québécois. Ainsi, cet ouvrage semble faire suite à celui paru aux Éditions Trois-Pistoles en 2007, Les trois batailles de Québec – Essai sur une série de trahisons.

La nouvelle parution de Jean-Paul de Lagrave débute par un court portrait des différents abandons subit par la colonie française de la Nouvelle-France. Soutenu par les gouvernements des rois Louis XV et Louis XVI, le désintérêt de la France pour sa colonie causera la perte de « l’honneur de la France aux yeux des Québécois ». Selon l’auteur, les conséquences de ces abandons successifs se font toujours sentir aujourd’hui au sein de la population québécoise. En effet, Jean-Paul de Lagrave considère qu’« [i]l faut revenir sur l’abandon du Québec par la France, à deux reprises de son histoire, pour comprendre et parvenir ainsi à une thérapie collective. » À travers les différentes « injustices » relevées par l’auteur, une importance prépondérante est accordée au général Charles de Gaulles présenté comme le libérateur du Québec. En comparant la France à la mère de l’enfant abandonné que semble être le Québec, Jean-Paul de Lagrave pose un point de vue psychanalytique sur l’état de la population québécoise. Selon l’auteur, il n’y a que « le pardon de la France à l’égard des Québécois » et la possibilité d’une fraternité entre le Québec et sa mère patrie qui pourrait racheter l’abandon premier et permettre au peuple québécois de se donner le droit à la liberté.

Ce retour sur l’histoire commune apparaît souvent imprécis de par sa brièveté. L’idée selon laquelle le Québec aurait été abandonné par la France n’est pas nouvelle et elle est, semble-t-il, partagée par de nombreux Québécois. Jean-Paul de Lagrave propose ainsi un ouvrage agréable à lire sans pour autant causer un déplacement important dans l’idée que l’on peut avoir du Québec d’hier et d’aujourd’hui.

Jean-Paul de Lagrave, Les Robinson Crusoé de l’histoire – Essai sur la solitude du Québec, Trois-Pistoles, Éditions trois-Pistoles et Jean-Paul de Lagrave, 2009