J’espérais que la nuit soit douce – Prise au piège
6 oct 2009 | Par : Nathalie Pelletier, chronique littéraire |
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Martin Thibault, poète, romancier, nouvelliste et dramaturge est un écrivain prolifique. Cet auteur s’implique dans la communauté pour partager ses connaissances et ses expériences auprès des gens intéressés par le travail de l’écriture. Finaliste pour certains prix prestigieux, il a remporté, en 1999, le prix Jovette-Bernier pour son œuvre Les yeux sur moi.
Cette fois-ci, Martin Thibault nous présente un ouvrage dans lequel le travail de l’écriture et le choix des mots aspirent le lecteur dans un tourbillon musical. J’espérais que la nuit soit douce est un recueil de nouvelles teinté d’un quotidien pas toujours habituel. Tantôt au rythme des flocons de neige virevoltant doucement au gré du vent, tantôt au rythme de la pluie battante tambourinant sur un toit de tôle, l’auteur amène le lecteur à suivre une ambiance plutôt jazzée.
L’atmosphère calfeutrée et enveloppante des nouvelles fait passer le lecteur par une gamme de sensations tout aussi différentes les unes des autres : la douceur, le bonheur, la sensualité, l’espoir et l’amour chevauchent la violence, la tristesse, l’attente, l’ennui et le désespoir. Les pauses et les silences suivis d’envolées lyriques offrent un tempo réconfortant.
Cet auteur, sera dorénavant un de ceux que nous lirons régulièrement. Son écriture unique a su nous attirer telle une musique qu’on entend au loin. Curieux, nous en voulions toujours plus. Chacun des courts récits invite le lecteur à devenir voyeur, à s’infiltrer dans l’évolution de l’espèce humaine, en observateur de la vie et de la mort – celle de l’humain, celle de l’écriture, celle de l’amour. Spectateurs d’un instant, d’un état physique, d’un état d’âme, de l’humain, nous avons été emportés dans la lecture, nous avons été pris au piège.
Martin Thibault, J’espérais que la nuit soit douce, Éditions Trois-Pistoles, 2009