L’engagement social, un défi pour les jeunes en région
6 oct 2009 | Par : Chantale Dumont, coordonnatrice, Commission jeunesse du Bas-Saint-Laurent |
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La section Idées est un espace d’opinion ouvert aux commentaires, où les auteurs assument l’entière responsabilité de leurs propos, et ceux-ci n’engagent en rien L’Horizon.
N.D.L.R. : Le troisième Rassemblement jeunesse du Bas-Saint-Laurent s’est tenu les 11 et 12 septembre derniers à Val d’Irène, rassemblant plus de 170 jeunes dont plusieurs
provenaient de la MRC des Basques. Ce temps d’arrêt et de réflexion est l’occasion de présenter un tour d’horizon sur ce qui motive les jeunes à s’impliquer activement dans leur milieu. Chantale Dumont, coordonnatrice de la Commission jeunesse du Bas-Saint-Laurent, a recueilli les commentaires de quelques jeunes bas-laurentiens.
Les experts s’entendent généralement pour dire que la participation politique est en déclin chez les jeunes (22% des 18-20 ans et 28% des 21-24 ans se sont prévalus de leur droit de vote aux fédérales de 2000). Certains vont même jusqu’à parler d’une crise de l’engagement politique.
Pourtant, selon les mêmes experts, les jeunes ne seraient pas apolitiques, mais affirmeraient leur intérêt pour le débat public et l’avenir de la société d’une façon différente des générations précédentes. « Dans ma jeunesse, la participation politique était synonyme de débat enflammé, de combat idéologique et de manifestation citoyenne. Aujourd’hui, je veux toujours changer le monde mais moins pour moi que pour mes enfants. Même si la passion nourrit toujours mon implication, c’est surtout le sentiment de porter la voix des jeunes et de mettre l’épaule à la roue pour développer mon coin de pays qui me font continuer », explique Bruno Paradis, président de la Commission jeunesse.
On constate une mobilisation des jeunes, ciblée autour d’enjeux ponctuels : l’environnement, la justice sociale, l’échec à la guerre, pour ne nommer que ceux-ci. Par contre, il n’est pas toujours facile de s’impliquer et certaines instances ne sont tout simplement pas adaptées pour un jeune parent. C’est pourquoi, selon Bruno Paradis, il est primordial d’investir ces instances car « c’est de l’intérieur que nous pourrons changer les choses et faire en sorte qu’elles nous ressemblent ».
Une affaire personnelle et collective
Si, pour Cynthia Dubé-Viau, la participation citoyenne signifie « d’aller au delà de nos intérêts propres, d’élaborer une vision commune, d’apporter son grain de sel et sa couleur au monde dans lequel on vit », elle est aussi affaire personnelle et collective pour Cindy Rivard qui, en tant que mère, a comme « priorité d’être présente auprès de (ses) enfants pour en faire des citoyens de valeur qui pourront à leur tour contribuer à la société », le tout jumelé à son rôle d’entrepreneure et de citoyenne active. Pour Maude Pichereau, « participer en tant que citoyen, c’est la chance d’agir directement et efficacement sur les enjeux qui nous préoccupent le plus, que ceux-ci soient locaux, nationaux ou mondiaux. »
Une participation sans frontières
Selon Julie McDermott, « pour s’impliquer, on doit se sentir concerné personnellement par un enjeu, d’abord, et ensuite réaliser qu’il s’agit d’une cause collective. On s’implique par plaisir, on se joint à des amis, on participe à des manifestations festives. » Pour sa part, Renée-Anique Francoeur, par une participation citoyenne active, a connu sa région et développé un sentiment d’appartenance. « Décider de migrer vers un nouveau territoire…c’est tout un défi. S’impliquer comme citoyen et participer à des regroupements organisés permet de faciliter l’adaptation. La participation citoyenne m’a permis de trouver ma place et d’y appartenir avec fierté ! ».
Une participation citoyenne porteuse de changements
Pour Sarah Charland-Faucher, l’implication citoyenne est porteuse de solutions, de transformations, de changements à court ou très long terme. Elle va au-delà du bénévolat, bien qu’elle puisse s’y fondre. Le citoyen se reconnaît comme membre de la société et acquiert ainsi le droit d’y participer. On devient citoyen lorsqu’on comprend qu’on ne peut vivre seul et isolé dans ce monde et que notre bonheur est intimement relié au bien-être de notre milieu et de notre planète.
Ainsi, comme l’explique Maude Pichereau, les actions porteuses de changement sont celles qui rejoignent plusieurs personnes ou groupes. La force de l’association multiplie les énergies, encourage et renforce les motivations. Au niveau international, les forums sociaux mondiaux le prouvent, année après année.
On agit au lieu de subir, on s’informe au lieu de rester dans l’ignorance, on se responsabilise de l’état du monde qui nous entoure et on y prend pouvoir, ajoute Sarah Charland-Faucher. Pour qu’elle soit possible, réelle et dynamique, la participation de tous les citoyens à la sphère publique exige que nous ayons accès à une information de qualité et à une éducation (scolaire ou populaire) nous permettant de prendre position, d’expérimenter et de décider de la façon dont le vivre-ensemble doit s’organiser.
Formée de 18 jeunes élus âgés entre 15 et 35 ans (2 représentants par MRC, une présidence et une vice-présidence), la Commission jeunesse du Bas-Saint-Laurent (CJBSL) est une instance de concertation et de mobilisation qui favorise une pleine participation des jeunes au développement local et régional. Elle soutient activement et financièrement la participation active des jeunes dans la société.
Chantale Dumont, coordonnatrice
Commission jeunesse du Bas-Saint-Laurent
Avec la participation de Renée-Anique Francoeur, Julie Mc Dermott, Maude Pichereau et Bruno Paradis, membres de la Commission jeunesse; Cynthia Dubé-Viau et Cindy Rivard, participantes au congrès AJIRR 2009; ainsi que Sarah Charland-Faucher, agente de participation citoyenne au Kamouraska pour Projektion 16-35.
Photo: La Table jeunesse des Basques est un lieu privilégié pour l’engagement social. Le budget qui lui est confié par la Commission jeunesse du Bas-Saint-Laurent constitue un levier pour organiser des activités structurantes dans notre région. Pour participer, rendez-vous sur www.jeunessebasques.org
Crédit: Nicolas Falcimaigne