Pierre Falardeau

6 oct 2009 | Par : Victor-Lévy Beaulieu, Trois-Pistoles | Imprimer cet article Imprimer cet article
La section Idées est un espace d’opinion ouvert aux commentaires, où les auteurs assument l’entière responsabilité de leurs propos, et ceux-ci n’engagent en rien L’Horizon.

N.D.L.R. : Deux éditeurs de la région ont tenu à souligner le décès de Pierre Falardeau à leur façon. Nous avons publié pour vous le vibrant hommage qu’ils lui ont rendu.

Pierre Falardeau n’était pas mon ami, mais bien davantage : un complice qui me stimulait, rendant ainsi impossible tout découragement dans un pays-pas-encore-pays par la faute de ses élites bourgeoises, corporatistes et veules. Pierre Falardeau et moi, nous partagions la profondeur de ce mot de Nietzsche qui a écrit :

« Si tu veux cultiver le pays, cultive-le à la charrue. Ainsi tu feras la joie de l’oiseau comme du loup qui suit la charrue. Tu feras la joie de toute créature. »

Pierre Falardeau a été à  la hauteur du mot de Nietzsche. Voilà  pourquoi sa mort ne me rend pas d’une tristesse infinie. Les prophètes authentiques sont porteurs de joie pour tout un chacun, l’oiseau, le loup et l’humain. C’est cette grande leçon de choses que nous devons à Pierre Falardeau.

À sa famille, à ses amis, à toutes ces Québécoises et à tous ces Québécois  qui cultivent le pays à la charrue, j’offre mon recueillement et le partage de cette joie que Pierre Falardeau a su si bien incarner. Elle est nôtre désormais. Alors, retroussons nos manches et portons cette joie exigeante jusqu’à notre indépendance comme peuple et comme nation.

Victor-Lévy Beaulieu
Trois-Pistoles
Ce 27 septembre 2009

Laisser une Réponse