2009 et 2010 vues par… Bertin Denis, préfet de la MRC des Basques
19 jan 2010 | Par : Marc Fraser |
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2009 : l’année de la prise de conscience
D’emblée, M. Denis estime qu’après toute la réflexion sur le développement socioéconomique dans les Basques en 2009, la population est maintenant prête à s’impliquer directement. Il souligne toutefois que les gens ne savent pas toujours comment y parvenir : « Je crois que les gens ont le goût d’embarquer, mais les projets peuvent sembler complexes, ce qui rend parfois l’implication difficile. »
Il considère que le forum socioéconomique du mois de février marque un point tournant pour la région en 2009 : « Ç’a été l’élément déclencheur d’une prise de conscience. La population a réalisé que, même si les choses n’avancent pas toujours rapidement, il y a quand même des actions que nous pouvons poser dès maintenant. » Depuis ce temps, il croit qu’il y a eu une évolution positive à tous les points de vue. D’abord, l’exercice a permis de cerner l’ampleur du potentiel régional : « Nous sommes parvenus à identifier des forces dans notre milieu, comme la forêt de proximité, nos ressources humaines et le développement de projets novateurs comme la Maison familiale rurale. » M. Denis place d’ailleurs la MFR au tout premier rang des succès de la démarche Mer, terre et monde.
2010 : l’année des réalisations
Le préfet entrevoit l’année qui vient avec optimisme. « Nous avons identifié près de 200 projets dans le cadre de la démarche Mer, terre et monde, dont une cinquantaine est en voie de réalisation. » Parmi les dossiers prioritaires, celui du dépôt du projet de minicentrale sur la rivière Trois-Pistoles vient en tête de liste : « Notre dossier est pratiquement prêt pour le dépôt en février prochain », précise M. Denis.
Au deuxième rang, il y a la mise en place d’une équipe polyvalente de travailleurs : « Il s’agit d’une manière d’assurer un suivi à la démarche entreprise par les jeunes de la MFR. Au terme de leurs études, nous voulons proposer à ceux et celles qui n’auront pas trouvé d’emploi d’intégrer cette équipe de six travailleurs qui pourraient être embauchés par les gens qui ont besoin d’une main-oeuvre non spécialisée. Prenez mon exemple : je suis producteur agricole et je n’ai plus le temps de faire mon bois de chauffage. Cette équipe pourrait donc venir en appui à des gens comme moi qui ont des besoins ponctuels », explique Bertin Denis.
La mise en valeur de la forêt publique, notamment par l’établissement de forêts de proximité, sera également au centre des préoccupations de la MRC : « Nous avons un cas particulier ici avec la présence du Club Appalaches qui occupe 10 % de nos terres publiques. Il y a un énorme potentiel de développement là pour nous. À titre d’exemple, la MRC de Matapédia retire 400 000 $ de revenu annuel avec sa forêt publique. Dans le Kamouraska, c’est 283 000 $ de revenu. Ici, dans notre MRC, nous allons chercher seulement 1 400 $ », déplore le préfet. Ce dernier espère également que la réforme de la loi sur l’aménagement du territoire forestier permettra de simplifier le système et d’accroître substantiellement le pouvoir des élus locaux sur la gestion du territoire. « La multiplication des paliers et des intervenants n’a pas empêché les moulins de fermer. Nous devons faire mieux avec la gestion de nos forêts », estime M. Denis.
Le nouveau préfet entend aussi se pencher sur le dossier de la gestion des matières résiduelles, lui qui rêve d’une MRC sans déchet. « C’est une utopie, mais il faut se fixer des objectifs élevés », explique-t-il.
Le Parc du Mont-Saint-Mathieu continuera à être au centre de la stratégie de développement des Basques : « Il s’agit d’un dossier très important pour nous, qui se chiffre à 9 M$ d’investissements. Au moment où nous nous parlons, il manque seulement 2,5 M$. Nous avons des engagements fermes du ministre Laurent Lessard, de Développement économique Canada, du CLD, de la MRC et la campagne de collecte de fonds de 400 000 $ qui a atteint la moitié de son objectif. Avec ces appuis, je suis confiant que nous arriverons à amasser la somme manquante. Si tout va comme prévu, nous serons en mesure d’amorcer la construction à l’été 2010.»
En terminant, M. Denis profite de la tribune pour clarifier sa position sur la possibilité d’utiliser le Pacte rural pour le financement de la réfection des églises de la MRC. « Le Pacte rural est disponible pour les églises de la MRC des Basques, comme pour tout autre projet. Personnellement, je considère que les trois églises qui ont reçu des subventions de 70 % des coûts admissibles dans le cadre du programme de protection du patrimoine religieux ont déjà été bien servies. Mais elles restent aussi éligibles au Pacte rural. Toutefois, la règle que nous nous sommes données dans la MRC, c’est que les projets doivent être financés à un maximum de 80 % par les fonds publics. Ce qui signifie que, dans le cas des églises subventionnées, le Pacte rural pourrait contribuer à hauteur de 10 %. Il demeure toutefois que les paroisses qui feront des demandes devront démontrer que le sort de leur église est pris en charge par le milieu », conclut le préfet.