Consultations budgétaires du Bloc Québécois:Le père du plan Paillé à Trois-Pistoles
9 fév 2010 | Par : Marc Fraser |
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C’est dans le cadre d’une tournée québécoise de consultations sur le prochain budget fédéral que le nouveau député bloquiste d’Hochelaga, Daniel Paillé, s’est présenté au café Grains de Folie de Trois-Pistoles, le 27 janvier dernier. Il était accompagné, pour l’occasion, du député de Rimouski-Neigette-Témiscouata-Les Basques, Claude Guimond.
Nouvellement élu dans son comté, Daniel Paillé est le porte-parole du Bloc Québécois en matière de finances depuis le mois de décembre dernier. On lui doit, entre autres, le fameux plan Paillé mis en place entre 1994 et 1996, alors qu’il occupait les fonctions de ministre de l’Industrie et du Commerce au sein du cabinet péquiste. Le plan consistait à octroyer des prêts garantis jusqu’à hauteur de 50 000 $ aux entreprises en démarrage.
Avant de rencontrer les principaux acteurs socio-économiques de la région, les députés bloquistes ont présenté aux journalistes les grandes lignes d’un document intitulé « Saisir l’occasion pour le Québec : budget 2010 », qui repose sur trois axes principaux.
Assurer une relance durable pour le Québec
« Nous avons identifié une série de mesures qui se chiffrent à environ 4 milliards de dollars, concernant des projets de développement économique durable », explique M. Paillé.
Parmi celles-ci, on retrouve les revendications pour un meilleur soutien à l’industrie forestière, de même que pour les propriétaires de lots privés. À cet égard, le Bloc demande l’émission de prêts et de garantis de prêts pour une somme de 10 G$, dans le but de permettre à l’industrie de se moderniser. Il s’agit d’un montant équivalent à celui accordé à l’industrie automobile. Le bloc revendique toujours une aide à l’industrie manufacturière de 750 M$. Une enveloppe de 625 M$ est également réclamée d’Ottawa pour assurer un soutien aux initiatives des producteurs agricoles québécois. Enfin, le Bloc propose une série de mesures destinées à la culture, à la réduction des gaz à effet de serre et à l’occupation dynamique du territoire.
Le deuxième volet des propositions pour une relance durable, chiffré à 5,175 G$, tourne autour du soutien aux plus démunis. Ainsi, le Bloc propose de poursuivre la bonification du régime d’assurance-emploi en : portant le taux à 60 % du revenu; abolissant le délai de carence; établissant l’admissibilité à 360 heures; calculant les prestations à partir des 12 meilleures semaines et en rendant le régime accessible aux travailleurs autonomes. Cette réforme coûterait 3,8 G$. Le Bloc demande aussi le retour du programme d’aide aux travailleurs âgés et le rehaussement des investissements dans le logement social à 1 % des dépenses fédérales, en puisant dans les surplus de la SCHL qui atteindront, selon leur estimation, 17 milliards de dollars en 2013.
Demandes en matière d’équité
« Ce que l’on observe, c’est que le gouvernement québécois n’est pas traité en égal par rapport aux autres gouvernements de province. Je vais prendre un exemple : l’harmonisation de la TPS et de la TVQ. Au Québec, ça fait déjà un bout de temps que c’est fait. Il y a une dette de 2,2 milliards de dollars du gouvernement du Canada envers le gouvernement du Québec », poursuit Daniel Paillé.
Le Bloc demande au fédéral de revoir la formule de péréquation, pour un gain estimé à plus de 3 milliards de dollars. Il lui demande aussi de verser sans condition au Québec sa part du programme canadien de bourses d’études. Il estime enfin que le fédéral doit augmenter sa contribution aux programmes sociaux pour un montant de 3,5 G$. Les autres revendications visent l’élimination du pouvoir fédéral de dépenser dans les champs de compétences provinciaux et l’abandon du projet d’établir une commission unique des valeurs mobilières.
S’attaquer au déficit
Malgré des demandes totalisant 16,080 G$, le Bloc estime que le gouvernement fédéral dispose de la marge nécessaire pour y répondre : « Comme nous ne sommes pas irresponsables, nous avons identifié, d’un autre côté, 18 milliards de dollars de nouveaux revenus qu’un gouvernement sérieux pourrait aller chercher », explique M. Paillé.
Entre autres, le Bloc propose d’imposer une surtaxe de 1 % aux contribuables gagnant un revenu imposable de plus de 150 000 $, d’éliminer les paradis fiscaux et de réduire les dépenses de fonctionnement du gouvernement fédéral de l’ordre de 8 G$. Le reste proviendrait du rehaussement du niveau de taxation des pétrolières et de la compression des dépenses militaires.
Et la région?
Pour Claude Guimond, la région bénéficierait directement des recommandations faites par le Bloc Québécois au ministre des Finances du Canada, Jim Flaherty : « Tout le volet sur l’occupation du territoire, l’aide à l’industrie forestière et aux agriculteurs, toutes les mesures en soutien aux personnes démunis, tout ça profiterait aux gens du comté. Nous somme d’ailleurs dans un processus pour obtenir une aide de 7 millions de dollars pour le déploiement d’Internet haute vitesse sur l’ensemble du territoire bas-laurentien. »