Le mariage a-t-il toujours la cote ?

9 fév 2010 | Par : Nathalie Thériault | Imprimer cet article Imprimer cet article

À l’époque de l’empire romain, le mariage d’un homme et d’une femme, basé principalement sur la notion de famille, était surtout considéré comme un devoir de citoyen dont l’objectif principal était la procréation. D’autres raisons étaient bien sûr prises en considération, tel que l’enrichissement de la famille du marié, le morcellement des terres ou d’autres visées purement politiques. Mais le mariage n’était pas accessible à tous : il était interdit aux esclaves et aux étrangers de se marier et seuls les citoyens romains détenaient ce privilège.

Dans l’antiquité, le mariage relevait donc de lois ancestrales donnant aux parents des époux le plein pouvoir de décider de leur avenir, à savoir quel homme ferait le meilleur parti pour prendre légalement « possession » de la femme et quel serait le montant de la dote. On pouvait aussi se marier très tôt, dès l’âge de 14 ans pour les garçons et 12 ans pour les filles. N’ayant aucun droit de regard sur les décisions prises par leurs parents respectifs, les futurs époux n’avaient d’autre choix que d’accepter les termes du contrat négocié, et ce, pour le meilleur et pour le pire.

C’est au cours du XII e siècle que l’Église catholique a fait du mariage un sacrement. Parallèlement, les prêtres ont été autorisés à célébrer des mariages, alors que ce privilège était réservé exclusivement aux plus hauts dirigeants, c’est-à-dire les rois, ducs et empereurs. En fait, ce n’est qu’au XVI e siècle (sous le concile de Trente) qu’une loi permet enfin aux futurs époux de s’unir d’un commun accord, par « consentement mutuel ».

Autre temps, autres moeurs: les nouvelles tendances

Au cours des derniers siècles, plusieurs réformes sont venues modifier les lois régissant le mariage, octroyant ainsi plus de liberté aux futurs mariés sur leur destinée. Notamment, il leur est désormais possible de rompre cette union par le divorce, lequel a été reconnu par la loi en 1975 seulement. Fait à noter, le Québec s’élève au premier rang dans tout le Canada quant au nombre de divorces enregistrés ainsi que pour le pourcentage des couples ayant choisi de vivre ensemble en union libre.

Aujourd’hui, le mariage continue d’être pour plusieurs un moment grandiose, « le plus beau jour de leur vie ».  Pour d’autres, ce sera, plus simplement, une occasion de faire la fête et de se rassembler entre parents et amis. Mais peu importe les raisons qui poussent les gens à se marier en 2010 et le mode d’union choisi (religieux ou civil), l’institution du mariage génère encore de nos jours une industrie considérable. En effet, plusieurs modes se sont succédées au fil des décennies. Bien que le mariage à l’église, avec tout l’apparat qui s’y rattache, obtienne encore la cote chez une bonne partie des futurs mariés, les options pour ceux et celles désirant échanger leurs vœux sont beaucoup plus nombreuses de nos jours.

Ainsi, de nouvelles tendances se dessinent à l’horizon. Parmi celles qui gagnent en popularité, nous retrouvons le mariage médiéval (décor champêtre, environnement de pierres, costumes d’époque, trompettes, chevalerie, combats médiévaux, jongleurs, magie, etc.) et celui « en vert » (robe en fibres naturelles, menu bio, incitation au covoiturage, liste « verte » pour les cadeaux, etc.). En ce qui a trait au voyage de noces, les destinations favorites demeurent celles apparentées au Sud. La clémence du climat et l’exotisme des lieux semblent avoir la préférence des tourtereaux en quête de chaleur et d’intimité.

Bref, quelles que soient les raisons et les valeurs qui poussent les célibataires à s’unir pour la première fois, les divorcés à renouer avec l’expérience ou les couples plus anciens à renouveler leurs vœux, il n’en demeure pas moins que ce lien sacré est toujours fort populaire et qu’il continue à en faire rêver plus d’un en 2010.