Nouveau paysage politique dans la MRC des Basques:1re rencontre pour le Conseil en 2010

9 fév 2010 | Par : Marc Fraser | Imprimer cet article Imprimer cet article

 

Les élections municipales du 1er novembre dernier ont passablement modifié la composition du Conseil de la MRC des Basques. Sous la gouverne du nouveau préfet, Bertin Denis, siègent désormais les Richard April (St-Clément), Réal Côté (St-Mathieu), Simon Lavoie (Ste-Françoise), Mario Saint-Louis (St-Éloi), Jean-Marie Lafrance (Notre-Dames-des-Neiges) et la mairesse Marise Labrie (St-Médard). Ils se joignent aux vétérans Jean-Pierre Rioux (Trois-Pistoles), Jocelyn Dallaire (St-Guy), Jérôme Rouleau (St-Simon), Jean-Marie Côté (St-Jean-de-Dieu) et Francine Ouellet (Ste-Rita). Cette première réunion, tenue le 20 janvier au bureau municipal de Saint-Mathieu-de-Rioux, aura permis aux éluEs d’établir l’agenda à court terme.

La collecte à trois voies

Parmi les dossiers prioritaires, celui de la collecte à trois voies a retenu l’attention. Pour mettre les choses en contexte, rappelons que toutes les municipalités desservies par le site d’enfouissement de la Rivière-des-Vases verront leur tarif passer de 52 $ à 78 $ la tonne, si elles n’assurent pas la collecte séparée de leurs matières putrescibles d’ici au 1er novembre 2010. Les éluEs devaient se prononcer sur la pertinence d’une déclaration de compétence de la MRC en cette matière. Autrement dit, la MRC deviendrait le mandataire pour toute la gestion des matières résiduelles et les municipalités n’auraient pas de droit de retrait.

Pour Jean-Pierre Rioux, le temps presse : « Nous, au Conseil de ville, nous avons décidé que, si la MRC ne va pas de l’avant, nous allons procéder de façon indépendante. » Les maires des plus petites municipalités, comme Sainte-Rita et Saint-Guy, s’interrogent sur  le coût en proportion des déchets organiques produits : « Nous sommes une municipalité de 100 personnes, avec de l’espace en masse, ce n’est pas nous qui allons remplir nos sacs à poubelles avec du gazon », illustre Jocelyn Dallaire. Mais pour le préfet Denis, la solution collective demeure la plus rentable : « Il n’y a pas de doute que les coûts vont augmenter avec la collecte à trois voies, mais je suis persuadé qu’il y a des économies d’échelle à faire. » Les maires ont convenu de retourner dans leurs municipalités respectives pour rendre compte des discussions et de se revoir en assemblée spéciale le 10 février dans ce dossier.

Le Club Appalache

Les membres du Club Appalaches possèdent des droits exclusifs de chasse et de pêche sur un territoire 150 km2, dont la majeure partie est située sur les terres publiques des Basques. Le maire de Saint-Mathieu, Réal Côté, s’est interrogé sur le montant des taxes versées à la MRC pour l’occupation de ce territoire. Selon le directeur général, François Gosselin, ce montant se situerait entre 2 500 et 3 000 $. Le maire Côté estime que ce montant n’est pas significatif : « Les gens qui vont là pendant un mois l’été paient très peu, comparativement à quelqu’un qui possède une résidence secondaire à Saint-Mathieu, qui vient passer quinze jours et qui paie des taxes à la municipalité. C’est une injustice. »

Le directeur général, François Gosselin, a rappelé que la MRC avait identifié le Club Appalaches comme une priorité au niveau du développement de la forêt de proximité. Il a indiqué que le député Jean D’Amour était actif dans le dossier et que des négociations étaient en cours. Pour sa part, le préfet Denis a souligné que, pour l’instant, la seule façon de démettre le Club de ses droits serait d’avoir recours à l’expropriation : « Mais nous trouvons que l’expropriation est une méthode sauvage. Nous voulons plutôt établir une approche de collaboration avec les gens du Club. »

M. Gosselin se dit toutefois confiant de parvenir à accroître les revenus en provenance de la forêt publique, lorsque la gestion des baux et des carrières sera déléguée aux MRC le printemps prochain : « Cela pourrait nous permettre, autant sur la réserve Duchénier, sur le Club Appalaches que sur l’ensemble des terres publiques, de décider qu’autour d’un lac, il pourrait y avoir deux ou trois chalets de plus, par exemple. »

Dans la foulée, la mairesse de Saint-Médard, Marise Labrie, a annoncé la tenue d’une grande fête familiale en forêt le 18 septembre prochain : « Cette journée se veut un appui aux démarches de la MRC pour que la population obtienne un meilleur accès au territoire du Club Appalaches. Nous voulons leur montrer que nous sommes capables de circuler en forêt sans rien briser.» Les organisateurs espèrent réunir 300 personnes à cette fête, où il y aura des activités d’éducation et d’interprétation pour toute la population. Les familles pourront pique-niquer sur place. Les détails restent à venir.

Le réseau d’information sur les municipalités

En terminant, le porte-parole du Réseau d’information sur les municipalités, Roger Plante, est venu réitérer ses arguments en faveur du redécoupage des MRC, afin de transférer les municipalités de L’Isle-Verte, de Saint-Paul-de-la-Croix et de Saint-Cyprien à la MRC des Basques. Selon lui, cela permettrait d’accroître la richesse foncière des Basques, d’atténuer le déficit démographique qui l’afflige et de réparer une injustice commise lors de la création des MRC, au début des années 80. Ces propos ont été accueillis poliment, sans plus. Comme M. Plante n’a pas formulé de question, les élus présents n’ont pas réagi à ses arguments.