Comment dynamiser la gare de Trois-Pistoles?
8 mar 2010 | Par : Pricile De Lacroix |
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Octobre 2009. VIA Rail abolit le poste de préposé à la billetterie de la gare de Trois-Pistoles. Il ne reste plus qu’un seul employé dorénavant : Marc Ouellet, responsable de l’entretien et de l’ouverture des portes. Et ce dernier est sérieusement inquiet pour l’avenir du service de transport ferroviaire dans les Basques.
« Il y a en moyenne 20 voyageurs par mois qui choisissent de se déplacer en train. Évidemment, il faut ajouter les 500 étudiants anglophones qui viennent apprendre le français l’été. Mais à part cela, on peut dire qu’il n’y a pas beaucoup d’activité en ce moment à la gare de Trois-Pistoles », explique Marc Ouellet. Ce dernier se présente chaque nuit, entre minuit et 3h du matin, pour accueillir les passagers et prendre en charge leurs bagages. Il gagne 23 $ par nuit pour ce travail.
« Si je m’inquiète pour l’avenir de la gare, ce n’est pas par crainte de perdre mon emploi; il ne me rapporte pas grand chose, ajoute-t-il. Je me bats pour le maintien de ce service essentiel dans les Basques et pour la conservation de ce superbe bâtiment historique qu’est la gare de Trois-Pistoles. »
Il y a deux ans, VIA Rail a approché la ville de Trois-Pistoles afin de lui céder ses installations. À l’époque, le projet ne s’est pas concrétisé. Toutefois, une relance des négociations est probable. « Nous allons embaucher un agent de développement dont l’une des charges sera de faire cheminer ce dossier, affirme le maire de Trois-Pistoles, Jean-Pierre Rioux. Nous ne pouvons pas nous permettre que ce service cesse, ni que le bâtiment demeure sous-utilisé. » Un changement de propriété ne devrait pas se faire à n’importe quelles conditions, croit Marc Ouellet. « Il faut que VIA Rail continue à offrir un service décent aux voyageurs. Je ne veux pas qu’il se produise la même chose qu’à Amqui et à Montmagny, où les passagers doivent attendre le train à l’extérieur, parce qu’il n’y a personne pour leur ouvrir la porte de la gare. C’est encore moins intéressant de voyager par train dans de telles conditions. »
Marc Ouellet demande à la ville de Trois-Pistoles de trouver d’autres vocations au bâtiment, question de l’exploiter davantage et de créer un nouvel achalandage dans le secteur. Il propose d’ailleurs plusieurs options : « La gare pourrait devenir une station d’autobus pour Orléans Express. Ce serait l’endroit idéal. On pourrait aussi créer un gîte à l’intérieur, comme à la gare de Cabano. Il y a l’option d’utiliser une partie du bâtiment pour en faire un petit café-bistro, ou encore un bureau pour le signaleur du CN ou même pour le député Jean D’Amours! » Marc Ouellet croit qu’il n’y a rien d’impossible. L’exemple de la gare de Rivière-Bleue, qui a été restaurée et qui s’est dotée d’une nouvelle vocation culturelle grâce à l’implication active de la Corporation du patrimoine de Rivière-Bleue, lui donne beaucoup d’espoir.
Le maire de Trois-Pistoles demeure prudent sur les intentions de la ville à ce sujet : « Nous étudierons toutes les possibilités. Notre agent de développement travaillera sur le dossier jusqu’à ce que nous trouvions la solution la plus intéressante. Il est possible que ce projet soit en lien avec celui d’un parc intergénérationnel, juste derrière la gare. »
La gare de Trois-Pistoles, telle qu’on la connaît aujourd’hui, a été construite en 1901. Elle est utilisée en moyenne deux heures par jour, six jours par semaine, au dixième de sa capacité.
Sur la photo : Marc Ouellet devant la gare.
Photo : Pricile De Lacroix