Saint-Jean-de-Dieu prend l’initiative
8 mar 2010 | Par : Marc Fraser |
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C’est devant une salle comble que les principaux acteurs du développement économique de Saint-Jean-de-Dieu ont dévoilé non pas un, mais bien trois projets structurants pour assurer l’avenir de leur communauté, le 18 février dernier.
Ces projets sont le fruit d’une concertation entre le Conseil municipal, la Chambre de commerce, la Relève agricole et le Comité de développement de Saint-Jean-de-Dieu. Ensemble, les intervenants ont décidé que l’attente d’un promoteur pour dynamiser le quartier industriel de 72 000 hectares avait assez duré. « Longtemps, nous avons espéré qu’une entreprise d’envergure vienne s’installer chez nous pour assurer notre relance, mais aujourd’hui, nous voulons prendre notre avenir en main en misant sur nos forces », explique Jean-Marie Côté, le maire de l’endroit.
Une histoire de persévérance
Comme plusieurs de nos communautés, Saint-Jean-de-Dieu est confronté depuis plusieurs années à l’exode et au vieillissement de sa population. Plutôt que de sombrer dans un pessimisme paralysant, les forces vives ont choisi de combattre ce contexte difficile en s’inspirant de nos ancêtres qui n’ont jamais abandonné dans l’adversité. « À travers l’Histoire, les gens d’ici ont toujours réussi à surmonter les épreuves les plus difficiles. Ils ont reconstruit maisons et villages après que les Anglais aient tout brûlé sur la rive sud en 1759. Ils ont survécu à la répression pour anéantir le mouvement des patriotes en 1837-1839. Chaque fois, ils se sont retroussé les manches pour rebâtir le pays dont nous avons hérité aujourd’hui », a lancé le préfet des Basques, Bertin Denis.
Garder les aînés
La première initiative de ce plan de développement consiste à construire une résidence pour personnes âgées autonomes de 24 logements de trois pièces et demie. « Depuis un an, il y a douze personnes âgées qui ont quitté notre communauté. Or, il est beaucoup plus facile de garder nos gens qui sont déjà ici, plutôt que de tenter d’en attirer d’autres de l’extérieur », souligne le maire Côté.
C’est l’Office municipale d’habitation qui sera le maître d’œuvre du projet, alors que Atena de Rimouski agira à titre de groupe-conseil technique. L’édifice de trois étages sera érigé sur le terrain de l’ancien terrain de baseball à l’extrémité de la rue Ouellet, à proximité des jardins communautaires.
Aider les familles à faible revenu
Toujours sur le même site et dans une volonté de créer un environnement inter-générationnel, l’OMH pilotera également un projet de construction d’habitations à loyer à prix modique destinés aux jeunes familles. L’édifice comptera six logements de quatre pièces et demie, et deux de six pièces et demie. « Cette approche est intéressante, car elle permet de créer un milieu favorisant les échanges entre les générations et de remettre en valeur les jardins communautaires », explique Michel Leduc, agent de développement pour Saint-Jean-de-Dieu.
Créer de la richesse
Les partenaires misent sur l’installation d’une bouilloire à la biomasse pour mousser l’activité économique de la municipalité qui compte 1750 résidants sur un territoire de 151 km2. « Nous avions identifié trois grands objectifs pour assurer notre développement : nous voulons consolider les entreprises du milieu et leur offrir de nouvelles opportunités; préparer un terrain favorable pour l’implantation de nouvelles entreprises afin de stimuler les activités économiques et créer des emplois durables; enfin, optimiser la valeur de nos ressources », indique Réjean Ouellet, le président de la Chambre de commerce.
Le projet de génération d’énergie par la combustion à grande échelle permettrait d’atteindre l’ensemble de ces objectifs. D’abord, grâce à sa base agricole et forestière, la communauté de Saint-Jean-de-Dieu est confiante d’assurer un approvisionnement suffisant pour alimenter la bouilloire, quitte à développer des cultures à haute valeur énergétique comme le panic érigé ou le saule osier. L’eau chaude produite pourrait être utilisée par la suite pour donner une valeur ajoutée à la production locale déjà existante ou pour développer de nouveaux créneaux d’affaires.
Par exemple, cette énergie pourrait servir au séchage accéléré du foin, à la production de bois noble destiné à l’ébénisterie, au chauffage de serres potagères, d’édifices communautaires et, même, d’installations piscicoles.
La communauté de Saint-Jean-de-Dieu n’entend toutefois pas exploiter elle-même la bouilloire, mais plutôt créer toutes les conditions nécessaires pour faciliter la réalisation du projet par un investisseur privé. Le coût du projet reste à déterminer, mais les études préliminaires le situeraient entre 2 et 3 millions de dollars.