Le marché des terres agricoles à louer
7 avr 2010 | Par : Marc Fraser |
Imprimer cet article
Le monde rural a bien changé en l’espace d’une génération. La mondialisation des marchés et l’industrialisation de l’agriculture ont forcé nombre d’exploitants à accroître leur surface cultivée, favorisant une certaine concentration des terres. Parallèlement, on assistait à l’arrivée d’un nouveau type de propriétaires terriens : les jeunes familles qui s’installent après un séjour urbain. Ces néoruraux cultivent habituellement peu, gagnant le plus souvent leur vie comme salariés dans le chef-lieu du comté. Ils laissent donc de bonnes terres agricoles inexploitées.
Pour le bénéfice des uns comme des autres, il s’est développé un marché de location des terres agricoles. Au printemps dernier, le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) dévoilait une étude sur la situation au Bas-Saint-Laurent.
Location de terres en culture
L’enquête a permis de répertorier 696 locations de terres en culture. De celles-ci, 73 % faisait l’objet d’un bail en bonne et due forme, d’une durée moyenne de cinq ans. C’est donc plus du quart des locations qui s’établissent de gré à gré. Autre donnée intéressante, 16 % des ententes reposent sur un échange de biens (ex : foins, bois), le paiement des taxes ou le simple bénéfice de l’entretien de la terre.
Les terres louées produisent en vaste majorité des fourrages ou des céréales. Le type de culture a peu d’influence sur le prix de location, sauf pour la culture de la pomme de terre. Le coût pour ces terres est généralement de 15 à 20 % plus élevé. Les facteurs qui déterminent la valeur de location sont nombreux et complexes. La localisation, la qualité du sol, le drainage et les lois du marché sont notamment à considérer. L’étude a néanmoins permis de dégager un portrait du coût de location par hectare et par MRC.
Coût de location
Sans surprise, c’est dans la MRC de Kamouraska qu’on retrouve le plus grand nombre de terres louées avec 93 et le prix moyen de l’hectare le plus élevé à 74 $. Assez loin derrière, la MRC de Rivière-du-Loup est bonne deuxième avec un prix moyen de 48 $ l’hectare. La MRC des Basques (36 $) ferme le milieu de peloton, avec la Mitis (39 $) et Rimouski-Neigette (39 $). Matapédia (31 $), Matane (29 $) et Témiscouata (23 $) figurent parmi les MRC où la valeur de location est la moins élevée au Bas-Saint-Laurent.
L’enquête révèle que le prix de location d’une terre, calculé en rapport avec la valeur marchande, est en moyenne de 3,5 %. Encore là, c’est au Kamouraska que ce ratio est le plus élevé à 4,1%. La MRC des Basques accuse quant à elle beaucoup de retard, avec le résultat le plus faible à 2,8%.
Location d’érablière
Dans le cadre de son étude, le MAPAQ s’est également penché sur la location d’érablière sur les terres privées et publiques. Du côté des terres privées, on dénombre 46 érablières. 78 % d’entre elles étaient situées dans la MRC du Témiscouata, le reste étant réparti entre la MRC des Basques (9 %), de Rimouski-Neigette (9 %) et de Rivière-du-Loup (4 %). Le prix de location moyen par entaille au Bas-Saint-Laurent se situe à 0,59 $. Pour la plupart, ces locations font l’objet de baux à long terme, d’une moyenne de 12 ans. Les ententes prévoient souvent des augmentations annuelles variant de 2 à 4 % ou, encore, basées sur le rendement et le prix de vente du sirop.
Le prix de location pour une érablière sur les terres publiques est moins exposé aux forces du marché, puisqu’il est fixé par le gouvernement. Au Québec, ce taux varie de 35 à 65 $ par hectare. Pour le Bas-Saint-Laurent, le taux est fixé à 45 $ (sauf pour l’unité de gestion Grand Portage à 50 $). Les baux sont de cinq ans. Dans la région, 258 détenteurs de permis valorisent 14 833 hectares d’érablière, pour une moyenne de 57 hectares par exploitation.
Source : Raymond, Sylvie. « Enquête 2009 sur les coûts de location des terres agricoles et des érablières au Bas-Saint-Laurent », Direction régionale du Bas-Saint-Laurent du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, 15 avril 2009.
Photo : Marc Fraser