AGA de la Caisse Desjardins de l’Héritage des Basques : retour aux années fastes

4 mai 2010 | Par : Marc Fraser | Imprimer cet article Imprimer cet article

Quelque deux cents personnes ont assisté à la 6e assemblée générale annuelle de la Caisse Desjardins de l’Héritage des Basques le 19 avril dernier, à l’École secondaire l’Arc-en-Ciel de Trois-Pistoles. Elles ont pu constater que le pire de la crise financière semble être passé et que le rendement de leur caisse retrouve sa vitesse de croisière.

La gouvernance

Dans son rapport aux membres, le président Jean-Louis Gagnon a souligné l’excellence des résultats de 2009 et la solidité du capital de la Caisse. Il a rappelé que le Mouvement Desjardins a fait son entrée l’an dernier dans la liste des 50 institutions bancaires les plus sécuritaires dans le monde et qu’il se classe 26e selon Global Finance, une institution de New York qui compare les grandes banques du monde. Il a également tenu à remercier tout le personnel et les membres-propriétaires pour ce succès. « À une époque où nous avons connu des départs dans certain poste clef et où il est de plus en plus difficile de recruter du personnel qualifié, nous avons la chance de compter sur une équipe extraordinairement compétente à la Caisse », a-t-il déclaré.

M. Gagnon a aussi insisté sur l’implication sociale de son équipe, qu’il s’agisse des employés, des membres ou des dirigeants : « Plusieurs personnes de notre organisation siègent sur des conseils d’administration ou des comités qui participent au développement de notre communauté. » M. Gagnon a d’ailleurs été élu au Conseil des représentants du Mouvement Desjardins pour le Bas-Saint-Laurent/Gaspésie/Les Îles : « Mon rôle est de représenter l’ensemble des caisses de l’Ouest du territoire, soit les MRC de Témiscouata, Rivière-du-Loup et Les Basques. » Le président a conclu son allocution en rappelant la contribution monétaire de la Caisse pour le développement des communautés, par le biais du Fonds d’aide au développement du milieu et du programme de bourses scolaires.

Les résultats

Visiblement fier de la performance de la Caisse, le directeur général, Roberto Dionne, a ensuite dévoilé les résultats financiers de 2009. Parmi les faits saillants, soulignons que les prêts consentis par la Caisse ont enregistré une hausse de 17 %, entraînant une baisse des liquidités de 9,3 %. L’institution n’en est pas pour autant fragilisée, puisqu’elle compte quand même pour plus de 46 M$ (contre 50,7 M$ en 2008) en liquidités.

L’avoir de la Caisse a progressé de 8,6 %, atteignant presque 13 M$, et le volume d’affaires a franchi les 195 M$, en hausse de 9.1 %. Les revenus d’intérêts ont enregistré une croissance de 3,1 %, une performance supérieure à la moyenne des caisses du Mouvement.

Ces bons résultats ont permis d’engranger un excédent avant impôts et ristournes de 833 395 $. De cette somme, les membres présents ont décidé à l’unanimité, sur recommandation du conseil d’administration et du Mouvement Desjardins, d’en ristourner 310 492 $ (37 %).

Interventions des membres

Un des membres présents a voulu savoir si la Caisse possédait des parts dans la Compagnie de navigation des Basques (CNB), qui exploite le service de traversier entre Trois-Pistoles et les Escoumins. Roberto Dionne a précisé que la Caisse ne possède pas de parts, mais qu’elle agit comme banquier exclusif dans le dossier et détient un prêt de 500 000 $, garanti par l’ensemble des actifs de la compagnie. Il estime que la position de la Caisse est confortable, notamment depuis la restructuration récente de la dette de la CNB.

En réponse à une autre question, M. Dionne a expliqué que la baisse des taux d’intérêts avait surtout touché le secteur des prêts hypothécaires variables, mais que les taux s’étaient maintenus dans le secteur des prêts personnels.

Un membre s’est inquiété d’une perte de 561 040 $ attribuable aux instruments dérivés. M. Dionne a précisé que cette perte était liée aux activités des filiales de Desjardins, dont les caisses dans leur ensemble sont actionnaires. Cette somme constituerait donc la part de la Caisse de l’Héritage des Basques pour couvrir les pertes provoquées par les PCAA en 2009. Ironie du sort, la Caisse elle-même n’a jamais eu de PCAA dans son portefeuille. Également questionné sur la nature des emprunts de 1,5 M$, alors que la Caisse possède 46 M$ en liquidités, M. Dionne a précisé que ces emprunts avaient été effectués dans le cadre d’une recapitalisation du Mouvement Desjardins et que chaque caisse se voyait attribuer une partie des prêts contractés à cette fin.

Un débat est survenu après une intervention au sujet du salaire de Monique F. Leroux, dirigeante du Mouvement, qui a touché 1,56 M$ en 2009. Pour M. Gagnon, cette rémunération (700 000 $ de base, plus les bonis à la performance) est déjà bien en deçà du marché. Certains membres estiment toutefois que l’écart avec le salaire moyen est démesuré et ils croient que les valeurs coopératives devraient se refléter dans le salaire des dirigeants.

Les membres se sont aussi interrogés sur la faiblesse des intérêts versés sur l’épargne, proposant même de les bonifier pour attirer de nouveaux coopérants. M. Dionne a souligné que son équipe informait bien les déposants sur la meilleure façon de faire fructifier leurs épargnes. Il a indiqué que les taux versés étaient représentatifs du marché.

Perspectives d’avenir

Conformément à son plan stratégique, la Caisse Desjardins de l’Héritage des Basques veut consolider sa position en offrant une expertise de choix aux acteurs socio-économiques de la région. Pour y parvenir, elle devra relever le défi du renouvellement et du perfectionnement de sa main-d’oeuvre au cours des prochaines années. Les membres peuvent également s’attendre à voir un réaménagement majeur des locaux du siège social de Trois-Pistoles, afin de mieux répondre aux besoins de la clientèle et de l’organisation.

Sur la photo : Le directeur général, Roberto Dionne, et le président, Jean-Louis Gagnon ont animé la soirée de main de maître.

Photo : Marc Fraser

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