La Société d’histoire et de généalogie de Trois-Pistoles : La chasse à l’oubli
4 mai 2010 | Par : Marc Fraser |
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La région de Trois-Pistoles occupe une place unique dans l’histoire du continent américain. Tour à tour, les Premières Nations, les Basques et les Français ont été attirés par les îles et la richesse du littoral. Un groupe de chercheurs bénévoles, composé de Robert Létourneau, Paul-André Ouellet, Gérard Plourde, Jean-Claude Parent, Guy Lafrance et Jean-Marc D’Amours, a entrepris de retracer l’histoire des gens qui ont peuplé ce rude pays, à travers celle plus terre à terre de ses lotissements.
« Nous avons commencé par nous intéresser à l’Anse-aux-Coques, aujourd’hui appelé le cap Marteau. Nous avons appris qu’au milieu des années 1800, c’était le port de mer de Trois-Pistoles : les navires venaient s’y échouer à marée basse et les équipages gagnaient la côte à pied », explique M. Robert Létourneau. Cette découverte les a poussés à fouiller les archives municipales, rue par rue, numéro civique par numéro civique, de quoi écrire tout un livre. « Nous avons réuni 1 200 photos et 350 pages de textes en trois ans », souligne-t-il fièrement.
Le groupe mise sur une approche minutieuse et des entrevues individuelles pour jeter un éclairage nouveau sur des aspects moins connus de l’histoire régionale. Les recherches entourant le sauvetage d’une quarantaine de chasseurs de phoques en 1841 en est un bel exemple.
« Le 22 décembre 1841, il est venu 500 loups-marins sur les glaces en face de Trois-Pistoles. Le lendemain, il en est arrivé 500 autres. Les gens de partout sont descendus sur les glaces pour participer à la chasse. La légende veut qu’il y ait eu 200 personnes sur place. Vers 10h00 du matin, la banquise a cédé et un groupe de chasseurs est parti à la dérive. Deux hommes auraient alors sauté dans un canot pour les sauver : Louis Sirois et Louis Rioux. Ils auraient réussi à secourir une vingtaine de personnes en effectuant deux voyages avant la noirceur. Ils sont repartis malgré la nuit, mais ç’a été beaucoup plus difficile de repérer les pauvres chasseurs au large. Le bloc de glace était rendu pas loin de l’île Razade. Sirois et Rioux auraient d’abord ramené la vingtaine de personnes qui restaient sur l’île et, à 10h00 du soir, tout le monde serait revenu sain et sauf sur la berge », raconte Robert Létourneau.
Les recherches du groupe ont notamment permis de découvrir l’identité des propriétaires du canot utilisé pour ce célèbre sauvetage. « Un jour, je parlais avec un cultivateur du coin, Raoul Rioux, de mes recherches sur Louis Rioux. Raoul me dit alors qu’il savait qui avait fourni le canot pour le sauvetage. En faisant un peu de recherche, nous avons remonté jusqu’à cette femme, Euphosine Plourde, et son mari, Éloi Rioux. Ils ont résidé dans la maison Le Bocage », poursuit M. Létourneau. Le groupe a également réussi à retrouver la trace de Louis Rioux, dans le secteur de Saint-Simon, lui qu’on croyait exilé aux États-Unis.
Nos passionnés d’histoire sont toujours en mode recherche et ils profitent de l’occasion pour inviter la population à leur transmettre toutes les informations, documents ou objets qui pourraient contribuer à enrichir le livre à venir. Jusqu’à maintenant, 106 personnes ont participé de diverses façons au projet. On peut rejoindre l’équipe de chercheurs au (418) 851-2105.
Sur la photo : Robert Létourneau, Julie Morin et Gérard Plourde de la Société d’histoire et de généalogie de Trois-Pistoles.
Photo : Marc Fraser