Un comité pour l’occupation du territoire public
14 août 2010 | Par : Marc Fraser |
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Ce sont sept personnalités bien connues dans la région qui se sont réunies, le 3 août dernier, pour fonder l’association « Les amants du territoire public des Basques ». On y retrouve Bertin Denis, le préfet de la MRC, Marise Labrie, mairesse de Saint-Médard, Simon Lavoie, maire de Sainte-Françoise, Réal Côté, maire de Saint-Mathieu-de-Rioux, Vianney D’Amours, conseiller aux entreprises pour le CLD des Basques, Michel Moreau, agent de développement rural et Jean-Jacques Vien, notaire et porte-parole du groupe.
« Nous avons un territoire magnifique ici dans Les Basques, désigné sous les initiales T.N.O. sur les cartes, pour « territoire non organisé ». Il s’agit de 150 kilomètres carrés de forêt publique qui, malheureusement, ne sont pas utilisés par la population. Il semble que les gens aient peur d’occuper leur territoire. C’est ce qui nous a motivé au départ, à nous regrouper pour favoriser l’accès au territoire public », a déclaré M. Vien.
Selon le porte-parole, plusieurs citoyens croient, à tort, que ce territoire n’est pas ouvert au public, à cause de la présence d’un club de chasse et pêche privé, le club Appalaches.
Le club Appalaches
Dernier vestige des clubs privés après leur démantèlement par le premier gouvernement péquiste en 1978, le club Appalaches, formé de membres qui proviennent majoritairement de la région de l’Estrie, possède des droits exclusifs pour le prélèvement faunique sur une vaste partie du territoire public des Basques. D’autres clubs, plus petits et formés de gens de la région cette fois, jouissent aussi des droits de prélèvement du club Appalaches en échange d’un certain contrôle sur le territoire.
« En périphérie, il y a des clubs satellites. Ils remplissent un rôle de « tampon », en bloquant l’accès au territoire. Ils protègent ainsi le noyau central du club Appalaches. Il y en a au moins quatre : le club à Bouleau, le club Sirois, le club de Neigette et le club Bonne Entente », explique Jean-Jacques Vien.
Une stratégie d’occupation du territoire
La création de l’association « Les amants du territoire public des Basques » s’inscrit dans le plan de développement de la MRC Les Basques, qui comporte tout un volet sur l’occupation du territoire. Déjà, il avait été question d’organiser une grande fête champêtre sur le territoire occupé par le club Appalaches, lors de la réunion des maires, le 20 janvier dernier. La mairesse de Saint-Médard, Marise Labrie, avait alors avancé la date du 18 septembre pour la tenue de cette activité. Les membres du club Appalaches, ayant eu vent de la préparation de cette action, ont expédié une mise en demeure aux organisateurs pour empêcher qu’elle n’ait lieu. Mais ceci ne freinera pas « Les amants du territoire public des Basques ».
« Nous voulons entreprendre une série d’activités pour inciter les citoyens à profiter du territoire public, que ce soit pour y circuler à pied, en voiture, en canot ou en motoneige. De nuit comme de jour, les gens ont le droit de jouir de leur territoire », insiste M. Vien.
Il n’est toutefois pas question de contrevenir au jugement de la cour d’appel de 1999 qui reconnaissait à la fois les droits exclusifs du club et le caractère public du territoire où ces droits peuvent s’exercer. « À l’époque, le gouvernement de Lucien Bouchard et sa ministre de la Justice, Linda Goupil, n’avaient pas cru bon de contester ce jugement devant la Cour suprême. Nous devons vivre avec cette situation pour le moment. En fait, la seule façon de récupérer les droits sur ce territoire serait d’exproprier le club. Il faudrait donc convaincre le ministère de la Justice que, dans l’intérêt du public, le club doit être exproprié », souligne M. Vien qui s’intéresse à ce dossier depuis une quinzaine d’années.
Questionné sur ce qu’il adviendrait des droits de chasse et pêche si jamais il y avait expropriation, M. Vien estime que ceux-ci devraient être gérés par une association quelconque : « Je ne crois pas que le territoire puisse rester libre, dans l’éventualité d’une expropriation. Il faudrait que ça devienne soit une réserve faunique, une ZEC ou une pourvoirie qui pourrait être gérée par la MRC. C’est sûr que ça prendrait un cadre pour gérer la ressource.»
Le comité fondateur de l’association procédera prochainement à l’installation d’affiches qui inviteront les gens à accéder à la forêt publique et qui présenteront des extraits du jugement de 1999. La population sera également conviée à la grande fête du 18 septembre et pourra, dans les semaines à venir, adhérer comme membre à l’association « Les amants du territoire public des Basques ».